2020
Dernière mise à jour 9/07/20

 

Jeudi 02 juillet 2020 : balade du Moulin de l’Escaille

 

Gembloux, le 7 juillet 2020

Bonjour à toutes et tous,

Enfin … les premières retrouvailles après le confinement ! Pour cette occasion, nous avions privilégié une activité en plein air permettant de découvrir un joli coin de l’entité gembloutoise. Plus précisément, Robert nous a emmenés dans la réserve naturelle de l’Escaille. Nous étions 33 Copines et Copains à avoir enfilé nos chaussures de marche pour cette petite sortie et les recommandations d’usage en cette période difficile n’ont en rien entaché notre bonne humeur. En sus, la pluie qui avait boudé nos contrées au cours des derniers mois, avait bien arrosé nos potagers la veille jusqu’au petit matin du jour de notre promenade, mais plus de peur que de mal et nous avons eu droit une fois de plus à une météo typiquement copinageoise. Et au bout de ce petit circuit, nous étions tous enchantés car la réserve de l'Escaille, c'est bien plus qu'un espace vert où il fait bon se promener, regarder la nature, observer les oiseaux et respirer : c'est également un morceau de l'histoire de Gembloux.

Le site est localisé à l’est de la ville et occupe la zone de confluence de l’Orneau et du petit ruisseau Rabauby. La toponymie des lieux rappelle les exploitations d’ardoises (extraction « d’écailles » ardoisières) et d’argile entreprises à cet endroit sous l’Ancien Régime et ayant servi entre autres à la fabrication des briques de l’abbaye de Gembloux. L’ancien moulin à farine (Moulin de l’Escaille) situé près de l’Orneau au cœur de la réserve et dont nous avons découvert les ruines, était encore en activité durant la Seconde Guerre mondiale. Une fois abandonné, ce témoin de la fin du XVIe siècle et ancienne propriété de l’abbaye a été très vite pillé et est tombé en ruines. Fin des années ‘50, le site a été acquis par la S.A. Raffineries Tirlemontoises. En effet, nous sommes en Hesbaye et la région de Gembloux est située dans une zone de culture de la betterave qui disposait au XIXᵉ siècle de plusieurs sucreries. Au fil du temps, cette activité s’est regroupée pour s’arrêter définitivement en 1977 ; le bâtiment qui abrite aujourd’hui le Colruyt de Gembloux est le seul élément qui a été préservé parmi les constructions industrielles de la sucrerie.

Les terrains en question étaient donc situés de l’autre côté de la N4 par rapport à l’emplacement de la sucrerie (site de l’actuel Colruyt) et représentaient à l’époque plusieurs dizaines d'hectares de décanteurs destinés à recycler les boues et déchets provenant notamment du lavage des betteraves. Ces étendues d’eau ont rapidement attiré une avifaune abondante et diversifiée. En 1987, cinq hectares furent transformés sous l’égide de Natagora asbl en zone protégée, mieux connue sous le nom de Réserve de l’Escaille. La végétation y est variée et comprend des friches sèches et humides, un plan d'eau qui était à l'origine un décanteur, plusieurs zones de sources, des boisements de saules, des fragments de roselière à phragmites et massettes. Mais l'intérêt de cet endroit protégé est surtout ornithologique : quelque 170 espèces d'oiseaux y ont été recensées dont bon nombre de migrateurs comme les fauvettes aquatiques, canards, limicoles, etc. Aujourd’hui, il profite aussi aux oiseaux nicheurs comme les grèbes huppés ou encore le martin-pêcheur. Malgré son origine artificielle, la réserve représente une oasis de nature.

Ainsi, nous avons longé successivement un verger conservatoire, un rucher didactique et un complexe de mares et des pelouses fleuries s’articulant autour du cœur historique de la réserve. Plus loin, une petite plate-forme nous a permis d’avoir une magnifique vue sur le plan d’eau qui couvre environ un hectare et les plus attentifs ont pu apercevoir une éolienne mécanique qui sert à réguler le niveau de cet étang en y permettant un apport d’eau en période de sécheresse. Pour y accéder, il faut passer par un petit pont qui enjambe l’Orneau. Et si Yves Duteil venait visiter l’Escaille, que dirait-il de ce charmant endroit ? Oh un petit pont ! Un petit pont de … pierre ou de bois, pourquoi pas ! Quel joli petit pont que voilà qui enjambe un sympathique cours d’eau où quelques truites vagabondent entre les roseaux ...

Notre petit circuit s’est poursuivi sur l’ancien chemin de Namur. À l’époque médiévale et sous l’Ancien Régime, ce chemin qui reliait Namur à Bruxelles formait un axe routier important. Le vieux chemin de Namur est tombé en désuétude lors de la construction vers 1827 de celui de l’actuelle N4.

Nous avons traversé la rue du Bordia et, en passant près de la Sablière de Sauvenière, nous avons distingué de loin quelques chevaux et … un chameau en train de brouter paisiblement dans ce petit jardin d’Éden. Le nom de la rue du Bordia trouve son origine dans le fait que l’abbaye de Gembloux possédait à cet endroit la cense dite du Bordia qui, jointe à la cense de la Chapelle (située près de Chapelle-Dieu), formait « la Basse-Cour ». Le cadastre de 1812 distingue le Petit Bordia et le Grand Bordia, l’un à gauche et l’autre à droite de la route vers Grand-Leez. À l’époque, le terme Bordia faisait référence à une petite ferme ou métairie établie aux environs d'une seigneurie et destinée à fournir des légumes et des volailles au propriétaire.

Nous avons ensuite rejoint le chemin de Liroux où se trouvent différents bâtiments (ou stations) du Centre wallon de Recherches agronomiques (CRA-W) avant de remonter vers l’ancienne tour du Moulin Staquet ou Moulin Créton, du nom des anciens propriétaires. Il s’agit d’un ancien moulin à farine datant du XIXe siècle et qui n’est plus en fonction depuis bien longtemps. Après avoir retraversé la N4, nous sommes arrivés au nouveau Centre sportif de l’Orneau inauguré en mars 2013. Avec le complexe sportif de Chapelle-Dieu et la nouvelle salle de Corroy-le-Château, il constitue une des principales infrastructures sportives de la ville de Gembloux. L'Espace Orneauqui se trouve sur le même site est une salle polyvalente inaugurée en 2016. Elle peut accueillir jusqu’à 400 personnes pour diverses manifestations festives, culturelles ou associatives. Notons encore qu’une petite parcelle a été conservée en bordure du nouveau complexe sportif et des mares y ont été creusées en 2016 dans le cadre du PCDN (Plans Communaux de Développement de la Nature) en vue d'augmenter le potentiel biologique du site.

Finalement, la rue Victor Debecker nous a menés au point de départ. Victor Debecker était un violoniste et compositeur gembloutois. Il est le fondateur de l’Académie de Musique et de Déclamation à Gembloux en 1922. Cette rue était anciennement appelée rue des Fabriques.

Nous avons bien profité de cette petite promenade dans ce joli poumon vert. Quelques-uns ont encore joué aux prolongations autour d’une bonne table pour se « ressourcer » en énergie …

Merci de votre participation et rendez-vous en pleine forme à l’occasion de notre prochaine sortie.